Chandon, Coville, Desailly, Deyrolle, Downing, Engelman, Gignoux, Johnson, Klasen, Krellenstein, Lindström, Loeb, Martens, Marx, Prassinos, Renard, Schlumberger, Steffens, Steiner, Vasarely, Villeglé





Jean Deyrolle

L'art de Jean Deyrolle, c'est d'abord une mosaïque de formes colorées savamment imbriquées, superposées en une combinaison complexe. Au-delà de cette apparence, c'est une organisation de l'espace, un espace sans perspective, mais qui vibre et s'ouvre au regard pour mieux nous entraîner dans la voie spirituelle voulue par le peintre. Il n'y a aucune monotonie dans la longue suite de compositions que nous a laissées Jean Deyrolle : elles constituent, pour qui sait y voir, une sorte de journal intime, à la fois discret et éloquent. Nous y retrouvons ses joies et ses peines baignées dans la lumière souvent chaude et parfois froide où il vécut, où il œuvra, où il aima.

Georges Boudaille

Jean Deyrolle et Gordes

C'est en Mai 1947, un matin de pentecôte que Jean Deyrolle fut séduit par Gordes et c'est là, jusqu'à sa disparition en 1967, qu'il trouvera les éléments qui nourriront une grande partie de son œuvre.
Bien que revendiquant l'épithète de "peintre abstrait" depuis 1944, des éléments figuratifs s'introduisent malgré lui dans ses compositions et c'est véritablement à partir de 1948-1949 qu'il se plie à la stricte discipline du langage de la peinture abstraite.
Soucieux d'exprimer les émotions que lui procure son environnement, c'est par un langage pictural à la fois simple et rigoureux qu'il parvient à transcrire la beauté de la nature. Ses compositions chargées de sens et d'émotions, denses et subtiles, profondes et strictes sont des formes senties autant que pensées. La couleur évoque un espace animé se remplissant sous le regard, laissant libre court à l'imagination.
La qualité de la matière, la souplesse des formes, la variété de thèmes graphiques et un exceptionnel don de coloriste déterminent l'œuvre de Jean Deyrolle, mais ce qui le distingue de ses contemporains, c'est cette aisance totale dans la transcription de son émotion. Les œuvres très composées de la fin de sa vie sont l'aboutissement d'une abstraction personnelle, synthèse de l'être et de la nature. L'harmonie.
L'art est pour Jean Deyrolle un jeu subtil et si chacune de ses œuvres offre de multiples possibilités de rêves puisse cette exposition en témoigner. Puisse également le spectateur y retrouver les sentiments que lui ont procuré la lumière et la beauté de Gordes dont l'œuvre de Deyrolle est si imprégnée.

Pascal Lainé

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