Chandon, Coville, Desailly, Deyrolle, Downing, Engelman, Gignoux, Johnson, Klasen, Krellenstein, Lindström, Loeb, Martens, Marx, Prassinos, Renard, Schlumberger, Steffens, Steiner, Vasarely, Villeglé




Mario Prassinos

Du cyprès de "Meltem", 1959, aux arbres-crucifix de la fin, Prassinos a beaucoup regardé, interprété et peint les arbres. Ce qui m'autorise à évoquer celui-là que vous connaissez, qui, au terme d'une métamorphose célèbre devient une peinture abstraite de Mondrian. Les "Troupeaux" qui forment l'essentiel de cette exposition, peintures nées en Dordogne vers 1945-1950, sont encore "figuratifs" - voici des boeufs, des vaches et des veaux - mais révèlent la façon dont Prassinos dans peu de temps, échappant aux influences, découpera et organisera l'espace dans ses tapisseries. Entre les chats maigres et les jeux surréalistes des débuts, et les œuvres composées, raisonnées, des trente années de grande création, les "Troupeaux" illustrent le passage du volontaire au spontané, du sujet au style. Quant aux "cafetières" et "cuisinières" qui complètent l'exposition, elles rappellent que Prassinos est un peintre intelligent, c'est à dire farceur. Clin d'oeil à Braque. A Belvès, l'artiste a juste la trentaine et il est en train de devenir soi-même. Bientôt, il sera un des créateurs les plus inventifs et libres de sa génération.
Assistons à sa naissance.

François Nourissier

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